Cet arbre pionnier colonise les sites récemment perturbés par les feux, les coupes ou encore les importants chablis. D’ailleurs, cet arbre intolérant à l’ombre (voire même très intolérant à l’ombre) est devenu maintenant beaucoup plus commun et répandu qu’auparavant et ce, grâce particulièrement au défrichage et aux coupes forestières qui favorisaient autrefois cette essence au détriment d’autres. Maintenant, grâce à la réduction des surfaces d’aire de coupe, il est possible de limiter sa propagation.
Certains taxonomistes considèrent que le bouleau à papier variété à feuilles cordées constitue une espèce à part entière, alors que d’autres la considèrent comme étant simplement une variante génétique du bouleau à papier. Un fait ressort cependant, puisque le bouleau à feuilles cordées se retrouve davantage en montagne que le bouleau à papier. Disons au passage que la plus grande différence entre les deux réside dans la découpure de la feuille et ce, particulièrement à la base de celle-ci.
Cet arbre à croissance rapide a un enracinement superficiel. En effet, dans la très grande majorité des cas, les racines vont toutes se situer dans les 60 premiers centimètres de sol. Par contre, lorsque l’épaisseur du dépôt est plus importante, les racines peuvent aller au-delà. Cependant, le bouleau à papier ne forme jamais de pivot. Les racines se concentrent vraiment en surface et c’est pourquoi cet arbre est très susceptible aux chablis et à la compaction du sol.
Avec sa distribution et sa variabilité génétique, le bouleau à papier dépendamment des régions, pourra pousser dans presque tous les types de sols et de situations topographiques. Par contre, il est exigeant en éléments minéraux. Lorsque le sol lui convient et que la teneur en minéraux est bonne, cet arbre aura une très bonne croissance. Règle générale, les sols qui lui conviennent le mieux sont ceux à texture relativement grossière ou encore loameuse. Il aimera aussi lorsque le drainage sera bon. Il ne croît vraiment pas bien dans les sols trop bien drainés ou encore ceux qui le sont trop peu. Par contre, si la lumière est présente, les semis pourront s’installer, mais leur croissance sera très affectée et leur durée de vie assez courte. En ce qui concerne le pH optimum du sol, il devra être compris entre 5 et 7,5. Par contre, il peut tout de même pousser dans des sols assez acides de pH égal à 3.
Comme quelques autres arbres qui possèdent des feuilles se dégradant rapidement lorsque tombées au sol, celles-ci assurent un cyclage efficace des nutriments, étant donné l’importance en azote et en autres éléments tels le calcium, le phosphore ou encore le potassium de ses feuilles.
Après l’exploitation d’un peuplement pour la matière ligneuse, les quelques bouleaux à papier laissés sur pied vont dépérir et mourir dans bien des cas. Les chercheurs ne savent pas encore la raison pour laquelle ces arbres meurent ainsi d’un dépérissement généralisé.
Le bouleau à papier peut se retrouver au sein de divers peuplements. Au Québec, on peut le retrouver en association avec des feuillus comme les résineux. Cependant, dans la très grande majorité des cas, c’est un arbre de transition qui laissera sa place à des arbres plus tolérants à l’ombre après sa longévité typique d’environ 80-100 ans. En ce qui concerne les feuillus, il peut croître en association avec le peuplier (faux-tremble surtout), l’érable rouge, d’autres bouleaux et même des cerisiers (tardifs et de Pennsylvanie). Il peut pousser en association avec les résineux tels que les sapins baumier, les épinettes noires, blanches et rouges, comme il peut croître en forêt plus mixte. De façon plus marginale, on peut le rencontrer avec d’autres essences, mais en ce qui concerne le Québec, cela se limitait essentiellement à ces essences.
Dans l’ouest canadien (et état-unien), on reconnaît deux formes de bouleau à papier, soit une forme qui ressemble étrangement à la nôtre et une forme qui peut atteindre 35 m de hauteur et qui possède une écorce blanche-orangée (tirant même sur le brun quelques fois) s’exfoliant.
Etienne Ouellet, biologiste/futur ingénieur forestier
Références:
Livres :
KERSHAW, LINDA, Trees of Ontario, Lone pine publishing, 2001, 240 p.
LAIRD FARRAR, JOHN, Les arbres du Canada, Éditions Fides, 1996, 502 p.
LUPIEN, PATRICK, Des feuillus nobles en Estrie et au centre-du-Québec, Association forestière des Cantons de l’est, 2006, 268 p.
Site internet :
http://www.wildwnc.org/trees/