Cet arbre à la croissance relativement rapide, possède un pivot duquel partent plusieurs racine latérales. Lorsque le sol est épais, la longueur du pivot peut être assez importante. Fait intéressant, cet arbre à l’inverse du frêne blanc, est peu exigeante en éléments nutritifs, ce qui lui permet de croître dans des sols relativement pauvres et secs (comme par exemple des caps rocheux). C’est ce qui peut expliquer qu’on le retrouve particulièrement beaucoup en Outaouais dans les peuplements contenant passablement de pins blancs (ces derniers rendent le sol assez pauvre et sec). Cependant, il préfère les sols profonds et bien drainés. Ainsi, ses racines et particulièrement, son pivot peut bien prendre place et davantage puiser dans les éléments minéraux. Il peut croître dans les sols allant de sec à frais. Il va d’ailleurs préférer les sols frais aux sols secs. Le pH du sol optimal pour cette essence est de 4,5 à 6,5.
Il occupera les mi-pentes ainsi que les bas de pente et c’est d’ailleurs à ces endroits qu’il poussera le mieux et qu’il présentera sa plus grande croissance et qualité de tige. Par contre, on peut le retrouver sur les crêtes sableuses ou rocheuses, mais sa croissance et sa vigueur en seront affectées.
Si le chêne rouge se retrouve sur un dépôt de loam, il aimera que le drainage du site soit de rapide à modéré, alors que si on le retrouve sur un sol à texture plutôt grossière, il pourra tolérer un drainage légèrement moins rapide (imparfait en fait). En aucun cas, il apprécie un drainage excessif, mauvais ou encore très mauvais.
Les semences du chêne, étant grosses, ne sont pas dispersées par le vent, mais plutôt par gravité et aussi par les mammifères et ce, particulièrement les écureuils. Par contre, la majorité des semences dans une année seront consommées par la faune, et les quelques glands restants qui n’auront pas été consommés, s’ils sont bien positionnés, pourront germer.
Le chêne rouge peut accompagner plusieurs essences, comme les érables à sucre, les frênes blancs, les érables rouges, les hêtres à grandes feuilles. En fait, il peut être un arbre compagnes de presque tous les feuillus qu’il est possible de retrouver au Québec. Dans les endroits plus secs, il est possible de le retrouver en compagnie du pin blanc. D’ailleurs, comme mentionné précédemment, en Outaouais, il forme plusieurs peuplements de ce type.
Etienne Ouellet, biologiste/futur ingénieur forestier
Références :
Livres :
KERSHAW, LINDA, Trees of Ontario, Lone pine publishing, 2001, 240 p.
LAIRD FARRAR, JOHN, Les arbres du Canada, Éditions Fides, 1996, 502 p.
LUPIEN, PATRICK, Des feuillus nobles en Estrie et au centre-du-Québec, Association forestière des Cantons de l’est, 2006, 268 p.
Site internet :
http://www.wildwnc.org/trees/