Le pin blanc est l’arbre emblème de l’Ontario et demeure un des arbres de l’est du continent qui possèdent une des meilleures valeurs et qui est abondamment utilisé. Avant l’arrivée des européens, les peuplements de pins blancs étaient très abondants en Amérique du Nord. Malheureusement, les nouveaux arrivants les ont utilisé à outrance, notamment pour faire les mats de bateaux. D’ailleurs, la marine royale se réservait à cette époque la plupart des bois de pins blancs (ainsi que de chêne rouge). À ce moment, on croyait ces peuplements comme étant infinis et on ne se gênait pas pour en gaspiller abondamment. De fait, bien souvent lorsqu’une bille contenait plus d’un nœud, cette dernière était rejetée. Aujourd’hui, bien des usines et des ébénistes prendraient ces billes.
De tous les pins qui sont indigènes au Québec, il est le seul qu’on qualifie comme étant intermédiaire à l’ombre. De fait, un semis peut persister jusqu’à vingt sous le couvert des autres arbres. Par contre, l’ouverture éventuelle du couvert favorisera cet arbre. Le pin blanc est très souvent attaqué par le charançon, un insecte qui pond dans la flèche terminale de l’arbre et qui fait ainsi dévier la tige principale (car la flèche terminale meurt, ainsi une branche latérale devra par la suite prendre le dessus). Comme cet insecte ne pond pas ses œufs dans les arbres plantés sous couvert (ou arrivés là naturellement), et que le pin est assez tolérant à l’ombre, on recommande de le planter sous l’ombre d’arbres tels que les peupliers par exemple.
Quant au drainage, le pin blanc est également plus flexible à ce niveau que ses acolytes poussant aussi au Québec. De fait, le pin blanc peut croître dans les sols imparfaitement drainés comme les sols bien drainés. Par contre, sa croissance sera optimale dans les sols bien drainés (mais frais) et à forte proportion de sable. Les bas de vallées mal drainés tout comme les sols contenant une importante proportion d’argile ne constituent pas pour lui un milieu adéquat. De fait, on ne le retrouvera pas dans ses endroits. Quant au pH du sol, le pin blanc préfère lorsque celui-ci est acide. Quant à la topographie qu’il occupe, on pourrait simplement mentionner qu’on peut le retrouver (pour le Québec du moins) entre le niveau de la mer et une élévation d’environ 500 mètres.
Quant à son enracinement, il dépend du type et de l’épaisseur du substrat sur lequel il est situé. En règle générale, le pin blanc possède un vestige de pivot, lequel a été remplacé par 3 à 5 grosses racines s’étalant latéralement avant de plonger en profondeur (lesquelles peuvent faire des pivots secondaires), assurant ainsi un ancrage optimal à l’arbre, lequel peut atteindre de très importantes tailles et hauteurs.
Le pin blanc peut se retrouver dans divers types de peuplements, mais contrairement à bien des résineux, il est fréquent dans les peuplements feuillus. Au Québec, on peut le voir pousser en association avec le chêne rouge (et même le blanc). Dans la région de l’Outaouais, il existe bon nombre de peuplements où l’on retrouve principalement le pin blanc et le chêne rouge. Il peut aussi croître en compagnie de plusieurs autres feuillus dans des peuplements composés en majorité d’érable à sucre tels que le tilleul d’Amérique, le cerisier tardif ou encore le hêtre à grandes feuilles. On peut aussi le retrouver dans des peuplements composés d’érable rouge, d’orme d’Amérique ou encore de peuplier (toute sorte). On peut également le retrouver en peuplement avec la pruche du Canada et le bouleau jaune. En ce qui concerne les résineux, il peut pousser en peuplement pur, ou encore avec le pin rouge. On le voit aussi assez souvent exclusivement avec la pruche du Canada (d’ailleurs il s’agit là presque d’un stade climacique). Il est très fréquent de le voir en compagnie de l’épinette rouge dans les peuplements plus mélangés. Par contre, on le voit que très rarement avec les autres épinettes et le pin gris.
Essence à croissance rapide et de bonne valeur, il a été abondamment planté au Canada comme aux États-Unis et ce, autant dans les aménagements forestiers que les aménagements paysagers. Dans l’est du continent, il constitue en compagnie du tulipier de Virginie les deux arbres pouvant atteindre les dimensions les plus imposantes.
Etienne Ouellet, biologiste/futur ingénieur forestier
Références:
Livres :
KERSHAW, LINDA, Trees of Ontario, Lone pine publishing, 2001, 240 p.
LAIRD FARRAR, JOHN, Les arbres du Canada, Éditions Fides, 1996, 502 p.
LUPIEN, PATRICK, Des feuillus nobles en Estrie et au centre-du-Québec, Association forestière des Cantons de l’est, 2006, 268 p.
Site internet :
http://www.wildwnc.org/trees/